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Temps de crise, de guerre, de perte, de discrédit. Temps de misère. Spirituelle, politique, et bientôt économique et sociale.


les plus hasardées de l'existence. L'auteur de ce livret est de cela. Ses pages sont les marques de ce travail de recherche, et aussi loin, qu'il s'administre pour éclairer, du fond de la nuit, l'abîme de son humanité.


C
e qui surgit de ces mondes plat, qui les dépasse les surpasse, c'est la figure de l'homme nue. Il faut multiplier les paradoxes pour les décrire. Condensé d'humanité et de bête, paradoxe complet entre la figure debout, fière de l'humain dressé tendu vers le ciel de l'idéal, vers dieu, c'est le renouvellement de la figure de l'ange. C'est aussi la verge dressée, tendue fière elle aussi, mais de creuser la chaire de l'autre, dans l'obscurité. Les deux extrêmes dessinant un entre deux étonnant et tout à fait à l'ordre du jour pour nous qui sommes régulièrement épris soit de belles idéalités, soit de nos forces sombres et pulsionnelles.

L'oeil interrogateur, celui qui vient de naître l'être dans sa capacité à la nudité, au dépassement, à la mue, plusieurs vies sont possible dans une vie voire désirables, plusieurs existences même dans la semaine, c'est une nouvelle croyance partagée par les plus jeunes d'entre nous.

On peut se défaire de ce que l'on fût, on ne cesse de vouloir retourner d'où l'on vient, où on était plus que Dieu, l'univers lui-même. (dieu, dans l'angoisse que nous avons de savoir faire du sens, il est impossible qu'il n'y ait pas de sens, et donc, on rêve l'entité supérieure.


Celui qui est bombardé par l'image filmé et qui n'a plus (confiance) croyance, ni en lui, ni en dieu, ni dans le monde. Dont la seule certitude, est qu'il bande, qu'il est énergie. Figure de l'homme perdue, mais c'est notre cas, nous sommes désorientés, il n'est rien de solide sur quoi s'appuyer, nous sommes changement, énergie, chaos, matière, et il faut s'y faire. L'entreprise est gigantesque, il s'agit de reformer, nouvellement ce qui guidait ceux du passé.

De manière générale, il faut dire avec certains philosophes (Foucault, Stiegler.) que

C
'est très étonnant, mais nous ne pouvons avoir de nos corps que des images. Nous sommes en permanence traversés par des représentations qui sont des rêves. « Corps utopie », suivant le milieu social, suivant nos vêtements, nos éducations, nos ages, notre chance, nous vivons chacun dans le complexe de lieux produit par notre esprits. Il faut dire adieu à toutes les vérités qui voudraient dépasser notre rapport sensible, ou esthétique aux choses. Il faut dire adieu à toutes réalités placées dans l'au-delà des réalités que nous produisons nous-même, pour nous-même.

Il n'y a pas de regard possible sans une connaissance préalable,  (autrement dit, face à une oeuvre, ou face à une image en générale, on a souvent des difficultés à exprimer un jugement ou à formuler une critique, tant on emporté par l'oeuvre, tant est forte la sensation d'être emporté par le rêve que nous fait faire cette oeuvre. Il faut se battre contre les images et pour cela il faut des armes. Je propose ici quelques (interprétations) pistes de réflexion afin d'orienter les regards, la vision, sur le travail de Grégoire Dalle.

 


On peut découper dans les dessins quatre types d'image (de motifs (figure).

Il y a au premier plan les figures humanoïdes blanches et nues. Elles traversent souvent (deuxième motif) des plans, des lignes d'horizon plutôt courtes et des petites zones de dessin représentant des paysages. Autour de ces deux premières régions fourmille de grands aplat remplis de petits motifs diverses. Sur certains dessins, quatrième élément, sont collés des éléments même du monde ; autocollants de mandarine par exemple, photographies et publicités.  
 
Je sais, de source sûres ; de l'auteur lui même, que les dessins commencent généralement par le tracé de ces courtes lignes horizontales. Vous la trouverez sur plus de Quatre-vingt dix pour cent des dessins.

Dans la peinture en générale, les techniques de la ligne d'horizon et du dessin en perspective servent à représenter le monde tel qu'il est capté objectivement par l'oeil. Représenter une scène suivant la perspective a souvent été pour les artistes le moyen de faire apparaître le monde mesurable de la vie quotidienne, l'espace de la vision objective partagée par le plus grand nombre et celui de la claire conscience, en un mot, c'est l'espace de la rationalité qui peut apparaître ainsi en peinture.

Dans les dessins qui nous intéressent, deux choses nous étonnent. D'une part, ces espaces horizontaux sont ridiculement petits par rapport à l'ensemble du tableau. Ainsi, dans ces dessins, la perspective et les règles partagées par tous et sont de peu de poids ; elles ne savent plus organiser la totalité du tableau, comme elles ne savent plus régir le monde. L'auteur suggère, à juste titre il me semble, que le monde visible, calculable et conscient n'est qu'une part restreinte et très risible de l'espace de nos vies.

D'autre part le respect de la géométrie est très relatif ; les perspectives sont souvent fausses et les points de fuites visent au hasard, paradoxalement, en aveugle. Les règles sont devenues folles ou hors-la-loi. Sur de petits espaces des dessins, l'auteur introduit subtilement que le sage scientifique est devenu un irresponsable, trop sûre de son savoir et de son pouvoir. Le monde de la calculabilité, de l'utilité et du projet industriel apparaissent alors comme une puérile, inconséquente ou guerrière activité commerciale. Ca n'est pas la science en tant que telle qui est critiquée ici, mais son usage systématique à des vues mércantiles courtermistes.

Sur ces petits espaces horizontaux subsistent deux éléments de pouvoir : les immeubles que nous habitons et qui sont nos prisons : il y a un lien fondamental entre l'architecture et la condition de nos corps. D'autre part, les poteaux-croix haute tension, symbole des puissances économiques, politiques et religieuses ; bien plus que le livre aujourd'hui, l'énergie électrique est le vecteur de toutes les croyances, elle est le support des corps et des esprits, pour le meilleur et pour le pire.
 

(Dans les premiers tableaux de la renaissance la perspective servait à montrer le monde calculable, et, d'après Daniel Arasse, les artistes cachaient sur leurs tableaux des petits espaces hors des lois géométriques pour signifier la présence de Dieu. Il est probable qu'ici cela s'inverse. Tout sort de la perspective, et les dieux sont partout.)

Le hic, c'est qu'aujourd'hui certains industriels ont décidé de tous nous faire nous croiser dans les supermarchés et les boutiques, et qu'ils y parviennent, c'est l'être consommateur qui est produit, qui pullule, on nous tient par le bas vers les super centres d'achat.

celui qui vit dans un monde de vapeurs, où tout ce qui pouvait l'habiller a disparu. La nudité est effrayante et salutaire, c'est celui qui reconnaît les espace utopiques stériles et déstructurer, qui transforme par la force de se bestialité son rapport au monde, qui s'enlève, s'élève, mais doit de défaire de toutes représentation pour cela, c'est la fin du rêve, la fin du théâtre, si c'est possible.
et qui assiste tranquille à la fin du monde.

A la fois le mal absolu, dans la perte complète de sens et d'humanité. A la fois ce vers quoi mène notre fin de civilisation, l'abêtissement complet. Et à la fois ce par quoi peut être il faut passer pour reprendre goût à la vie, même pour reprendre le fil de sa vie. Beaucoup tentent le coup : plonger au plus bas, toucher le fond afin que d'une pression des pieds, il sache un jour redevenir un individu, 'celui qu'ils n'ont jamais été encore). 

Les grandes régions de motifs ornementaux.
Chacun y voit ce qu'il peut. Je propose les éléments particulaires de la matières. Atomes, molécules, formes vivantes de base, réseaux cristallins labyrinthiques, c'est une expression du monde du devenir physique de la matière, décrite par les scientifique, et qui (surdétermine, existe, produit, est la base) forme aussi notre devenir, mental et physique. C'est l'espace des possibles devenir physico-chimique de la matière, c'est ainsi le monde de l'énergie, l'espace sans dieu. Hors il faut rappeler ici avec Georges Bataille que l'absence de dieu est plus grande que dieu lui même.

En suivant la ligne d'horizon, nous n'avons traité que d'une petite partie des dessins, mais nous avons organisé notre regard. Il restera à étudier deux plus grands ensembles qui bouleversent le tableau et le monde ; les figures plus ou moins humaines qui traversent l'espace, les grandes régions de motifs ornementaux.

Simon Lincelles
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-DESSINS EN COURS
Les travaux de Grégoire Dalle mêlent illustrations, collages, peintures, photographies et textes sans considération d’importance.

Ses créations sont nées de l’idée que le f,,tus, tout au long de son développement, re-crée l’environnement extérieur qu’il ne peut voir, grâce à la richesse de son imaginaire.
Ici, l’artiste rejoint son oeuvre puisque Grégoire se fait lui-même enfant et ressuscite une imagerie pré-natale, empruntant au monde des rêves, mais aussi à la réalité contemporaine, à ses références culturelles et à ses tabous.

L’artiste nous fait pénétrer au c,,ur d’un univers mixte, un monde à mi-chemin entre la réalité urbaine et la fable poétique. Il couche sur des enveloppes des paysages stylisés rappelant les banlieues modernes et les peuple de créatures étrangement surréalistes, souvent androgynes et parfois monstrueuses. Jamais effrayants, mais drôles ou doucement mélancoliques,  ces personnages évoquent les grandes divinités cosmogoniques des religions ancestrales et de la mythologie.

On retrouve parmi eux les figures sacrées du père et de la mère, les géants des Indous, les minotaures des grecs,  les dragons chinois, les prophètes bibliques. Ce panthéon multiculturel est accompagné de toutes les représentations pictographiques du monde de l’enfance telles que l’étoile, le nuage, l’,,il, la fleur, la flamme, la maison, le jouet, etc.

Ces signes sont au croisement du livre d’image et de la publicité commerciale. On les retrouve souvent dans les compositions que Grégoire élabore en sa qualité de graphiste, où l’on peut déjà percevoir son goût pour l’utilisation du motif décoratif et l’originalité dont il fait preuve pour reprendre et transformer des images déjà très populaires telles que Godzilla, Hulk ou encore Spiderman (sans parler de la Sainte Vierge).

Ces étranges compositions sinueuses et organiques font suivre à l’,,il un parcours tortueux, tel un flux continu et vital. Ici, l’architecture rencontre l’anatomique, le divin se mêle au profane et l’enfant est entouré par l’idée du sexe, sans s’embarrasser des tabous et des interdits d’un surmoi adulte. Ces chassés-croisés paradoxaux sont à l’origine de la force dionysiaque qui émane des ,,uvres de Grégoire, sans que pourtant jamais n’apparaisse réellement la violence. 


 

Le support de l’enveloppe est un outil qui permet à l’artiste d’inscrire son ,,uvre dans le temps réel (contemporanéité), et d’en revendiquer l’authenticité puisque ce courrier, qu’il soit ouvert ou non, lui est toujours personnellement adressé.

C’est aussi pour Grégoirele moyen de s’affirmer dans le concept qu’ont édicté avant lui Duchamp ou Warhol : le support n’a pas à être « noble » pour que l’,,uvre soit grande car l’art est justement poésie, rapprochement de deux éléments dissemblables,décontextualisation arbitraire et surréaliste.

Ces enveloppes permettent également des jeux bien plus intéressants qu’une simple feuille, car, comme dans les dessins de l’artiste, on peut se perdre, chercher, rebondir d’une face à l’autre, soulever un rabat, s’amuser d’une transparence, s’étonner de ce qu’un timbre fiscal peut à ce point servir une composition graphique.
 

Quant aux écrits qui accompagnent ces productions, ils appartiennent à un répertoire littéraire plutôt baroque. La récurrence des mots « chair », « viande », « mort » et « nuit » et l’intensité qui les suit rappellent les Tragiques d’Agrippa d’Aubigné.

Si la violenc e n’apparaît pas dans les illustrations, elle est bien présente dans las textes.  Mais c’est une violence enfantine, proche de la fougue amoureuse ou du caprice. L’enfant se mêle bientôt avec l’adulte. Tout n’est plus qu’organique, perçu à travers l’énorme matrice du monde intra utérin.


Diane Alexandre
LES DESSINS
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Grégoire Dalle. Né à Seclin (59) en 1976, se définit comme dessinateur plus que comme graphiste même si ses formes d'expressions mêlent inspirations visuelles de tout type (affiches, textures, détails de photos,
GRAPHISME
J'ai bossé avec une paire de lable de musique (Missive, Electronic soccer, Fcom..aussi avec des salles de concert (new Morning, La Scène Bastille, l'Elysee Montmartre...et quelques boite de nuit parisienne (Rex, Nouveau Casino, le Wagg, le Batofar...
 
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LE LIVRET
est composé de 60 pages en couleurs sur papier offset. Il présente mon travail artistique de ces dernières années, de nombreux dessins y sont présentées, des photos, ainsi que des notes prises sur un coin de table, dans le RER B, dans les bars....